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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 11:39

Douze personnalités politiques signent un "Pacte fédéral"

 

Douze personnalités politiques issues de huit partis démocratiques du nord et du sud du pays ont signé le "Pacte fédéral" de l'association BPlus, qui présentait le document jeudi à Bruxelles.

 

Ce pacte, qui vise à créer un climat de confiance entre les responsables politiques du nord et du sud du pays, reconnaît l'intérêt de maintenir un modèle fédéral belge tout en "régionalisant" ou "refédéralisant" certaines compétences, si ces modifications améliorent le bien-être de tout citoyen belge. Les signataires sont Wilfried Martens et Mark Eyskens (CD&V), Melchior Wathelet senior (cdH), Louis Michel et Florence Reuter (MR), Annemie Neyts (Open Vld), Freddy Willockx et Mia De Vits (sp.a), Anne-Marie Lizin (PS),  Josy Dubié  et moi (Ecolo) ainsi qu'Adelheid Byttebier (Groen). (TAS)

 

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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 17:45
....on peut revoir en direct la séance du 12 juillet dernier ici http://www.senat.be/www/?MIval=/index_senate&LANG=fr
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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 16:38
"Carine Russo, au risque de la récupération

Parmi les leçons de ce scrutin, il faut noter l'excellent résultat de Carine Russo, sur la liste sénatoriale du parti écologiste. Un score de 57.000 voix,  qui ne suffit pas, cependant, pour l'envoyer au parlement. C'est l'ancien ministre Darras qui en bénéficie….
 
11 jun 2007 13:03

 

Elle s'est présentée comme une "révolutionnaire sage", indépendante, à la gauche des écologistes, en conflit avec les institutions. Elle a résolument affiché son pédigrée, son père, emprisonné par le nazisme à l'aube de ses vingt ans, sa mère, infirmière, active dans la résistance communiste, une manière de souligner la permanence de ses engagements.
 
Elle a affirmé, dans sa campagne, ne rien avoir à promettre, sauf de ne pas changer. Elle a fait de sa participation aux législatives une sorte de pardon à la classe politique. Mais sa tentative de transformer la marche blanche en croisade verte, à l'arrivée, se solde par un paradoxe.  Son score personnel est excellent: avec près de 60.000 suffrages, elle est la deuxième de sa liste, devant plusieurs figures historiques du mouvement, sur l'ensemble du collège francophone. Elle cartonne dans son canton, mais elle récolte ses voix dans toutes les circonscriptions wallonnes, avec un succès hennuyer à souligner. Elle représente sans doute un vote populaire. Mais elle n'est pas élue. Elle contribue individuellement à décrocher le deuxième siège de sénateur pour ses couleurs, mais pas à son profit, peut-être au profit d'une ligne plus "gestionnaire".
 
Avant le scrutin, elle a annoncé qu'elle se sentirait en profonde contradiction avec elle-même en cas d'alliance du parti Ecolo avec les libéraux. Mais la tentation est forte, parmi ses colistiers.  Elle a longtemps hésité à se présenter par crainte de la récupération. C'est, avec la recomposition du paysage politique, plus qu'une éventualité, pas encore une probabilité."

http://www.rtbf.be/info/belgique/ARTICLE_099080
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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 14:57

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9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 11:18

Si demain Ecolo se retrouve dans la majorité avec la droite, ne risques-tu pas d'être en conflit avec toi-même?

CR: Je me sentirais en conflit avec moi-même si un bon résultat Ecolo conduisait à une possible alliance - que moi j'appelle contre nature -, avec les libéraux. Alors là, je me sentirais en profonde contradiction  avec moi-même, et surtout  je me sentirais comme quelqu'un qui aurait vraiment été utilisée et même très mal utilisée par Ecolo parce que je ne suis pas là, moi, pour attirer des gens qui ont une fibre néo-libérale. Ce sont les autres que je pense éventuellement attirer. Donc, je me sentirais  à la fois trahie par Ecolo et je me sentirais mal à l'aise par rapport aux gens qui ont voté pour moi. A partir du moment où Ecolo ne suit plus d'une certaine manière sa ligne, et que je veux rester cohérente, sincère avec moi-même, sincère avec les gens, j'estime que j'aurais des comptes à rendre à mes électeurs.

Pas mal de personnes qui veulent te soutenir sont gênées par rapport à un ancien d'Ecolo ; Vincent Decroly, qu'en penses-tu?

CR: En fait, la façon dont Ecolo s'est comporté avec Vincent  à l'époque est extrêmement dommageable pour tout le parti, pour Vincent  qui a un peu tout perdu aussi, mais ça a été surtout dommageable  pour Ecolo. J'espère qu'ils en ont tiré les enseignements.

Le danger, c'est que s'ils retournent sur une ligne droitière au pouvoir (que Vincent a dénoncée en son temps,) ce sera encore plus dommageable pour eux, non?

CR: Ce n'est pas comme un crime de droit commun. Ce n'est pas désastreux pour eux. Qu'on leur laisse encore une chance, et s'il y a récidive, alors il faudra prendre les choses autrement; là, tu deviens vraiment coupable si tu récidives. Je trouve qu'ils méritent une deuxième chance. Ils étaient nouveaux, très nouveaux, et il y a eu débat sur leur participation au pouvoir en 1999. Très personnellement, j'étais plutôt contre, mais j'ai évolué un peu à ce niveau-là, parce que je me suis dite que, sans l'expérience du pouvoir, ils n'auraient pu redresser leur ligne et ne sauraient toujours pas  comment cela se passe quand on va au pouvoir. En plus,  ils ne se seraient  toujours pas faits reconnaître comme un parti crédible, à égalité avec un autre parti, prêts à prendre leurs responsabilités, prêts à essayer vraiment quelque chose. Ils allaient rester dans l'opposition? Il y avait deux façons de voir les choses. Dans l'opposition, ils auraient été plus forts, mais le discrédit qui était jeté contre Ecolo par les autres partis se situait exactement là: "... de toute façon, ils ne savent pas ce que c'est que de gérer le pouvoir, ce sont des petits comiques, ce sont des utopistes,.. S'ils entraient dans un gouvernement, on verrait à quel point ce serait des incapables... etc.". Or, ça n'a pas été le cas, et même s'ils ont fait des erreurs, ils ont aussi fait progresser des choses.

En 1999, Ecolo se présentait comme le relais des mouvements sociaux; aujourd’hui, ils ont balayé tout cela d'un revers de main. Le mouvement UAG (Une autre Gauche), qui ambitionne de relayer de vraies valeurs de gauche, ne se présente pas. Le PC, le PTB, le MAS (sous l'étiquette CAP, de manière illégitime en Wallonie) en ont décidé autrement et se présentent en ordre dispersé. Force est de constater que cette petite gauche n'arrive pas à converger et se prépare, une fois de plus, à une déconvenue. Seule, la LCR belge est restée loyale, mais le problème reste le même, comment peut-on réellement être le porte-parole des valeurs de gauche?

CR: En fait, qu'est-ce qu'on veut dire par valeurs de gauche? Est-ce qu'il y a encore grand monde qui le sait? Quand on parle des petits partis de gauche, le message est complètement brouillé, à tel point que ça n'intéresse absolument plus personne. Ou alors, on associe systématiquement à Staline, les camps de l'ex-URSS, etc. A la limite ça fait peur. Combien de fois n'entend-t-on pas dire que "les extrémistes de gauche, c'est forcément dangereux". On ne veut même pas en entendre parler. Il y a même confusion entre "extrême droite, extrême gauche".  En fait, aujourd'hui, est-ce que cela existe encore une extrême gauche? Il y a la gauche, la grande étiquette de gauche qui est en train de faire quoi ? Gérer le libéralisme ! La gauche ce n'est pas gérer le libéralisme.

Dans le programme d'Ecolo, on voit comme une des solutions à la création d'emplois, la diminution des charges patronales. Pour la sauvegarde de la sécurité sociale, n'est-ce pas un signal dangereux?

CR: Non, car lorsqu' Ecolo parle de la diminution des charges patronales, il parle des petites et moyennes entreprises. Arrêtons de les mettre aussi contre nous.  On fait tous partie du même monde, en a besoin des petites et moyennes entreprises. La différence entre classes, ce n'est plus aussi simple. "Les patrons et les ouvriers" ça, c'est un vieux discours. La différence entre classes, c'est les grands financiers qui jouent en bourse et le monde des gens qui travaillent. Aujourd'hui un patron d'une PME c'est quelqu'un qui travaille comme les autres, c'est un petit travailleur. Il faut pas que l'on se prenne la tête; il y a patron et patron. Laissons quant même vivre l'économie de la classe moyenne. C'est eux aussi qui aident à créer des emplois et qui font tourner l'économie. Mais, Ecolo n'est pas d'accord avec une réduction des charges patronales pour les grandes entreprises.

Dans le programme du PTB, on ne retrouve plus la réduction du temps de travail (RTT) comme une des solutions pour créer de l'emploi. Et toi, qu'en penses-tu?

CR: Il y a déjà très longtemps que l'on a réfléchi au problème, et la RTT était une solution pour la création d'emplois déjà pour les années 80. Hélas, cela ne s'est pas passé comme cela. Je pense que cela reste toujours valable, mais c'est encore plus difficile aujourd'hui à revendiquer.

C'est même l'inverse qui se passe aujourd’hui : augmentation du temps de travail avec diminution des salaires! Quand on voit les conditions de reprise de l'activité à VW et, dans le même temps, on découvre les parachutes dorés...

CR: Exactement, c'est contre ça qu'il faut aussi lutter. C'est ça les vrais décalages aujourd'hui. D'un côté on demande aux travailleurs de toujours travailler plus, pour gagner moins, et à côté de cela on ferme les yeux sur les parachutes dorés. On laisse faire des profits de plus en plus plantureux à des gens qui ne travaillent pas ou qui n'ont pas comme but de travailler plus.

Par rapport à la chasse au chômeurs, Josy Dubié avait répondu que l'on ne faisait pas la chasse aux grands fraudeurs financiers, et que l'on préfère s'attaquer aux petits chômeurs. Et toi, quel est ton point de vue?

CR : C'est sur la cause du chômage qu'il faut se pencher. On est d'ailleurs dans cette problématique. Ceci dit, certains chômeurs sont demandeurs d'accompagnement. Ils sont tellement paumés, ils ne demandent pas mieux que d'être un peu mieux accompagnés pour retrouver du travail. Il y a donc des choses qui sont bonnes là-dedans. Il ne faut pas tout jeter dans le plan d'accompagnement. Ce que l'on appelle chasse aux chômeurs c'est plus grave, c'est sanctionner sans réfléchir plus loin sur la situation des gens. Ce n'est pas que les chômeurs ne veulent pas trouver du travail, ils ont envie d'avoir une activité, mais c'est que le travail parfois proposé ne correspond absolument pas à la personnalité des gens, ou leur situation  familiale, ou à leurs désirs. Ils seront exploités ou mal considérés, mal payés. Alors que cette personne-là pourrait être extrêmement bien dans un tout autre domaine qui correspond à leurs aspirations. Des gens qui n'ont d'aspirations à rien, je doute que ça existe sans raison sociale profonde.

On n'en vient alors au droit de grève via le service minimum. Ta position sur le plateau de la RTBF, a tranché par rapport à tous les autres candidat(e)s, nouveaux, et anciens. Même Josy Dubié était plus nuancé

CR : Ecolo n'est pas contre le service minimum; ils sont un peu comme les autres, le truc raisonnable c'est le service minimum, mais moi, je suis pas pour. Je suis candidate d'ouverture, je suis indépendante. Même si c'est la ligne Ecolo que je soutiens, j'estime avoir le droit de dire que c'est un début de dérive par rapport au droit de grève. C'est comme cela que l'on commence à remettre en question ce droit. Petit à petit, on trouve qu'il n'y a plus de raison de faire grève. J'ai entendu au débat une autre candidate nous dire que l'on ne pouvait pas admettre que des petits enfants attendent pendant une heure leur bus qui n'arrivera jamais, etc. Ensuite Florence Reuter a même dit "et les personnes qui doivent aller à l'hôpital ?". Je lui ai répondu: " Tu connais beaucoup de personnes qui vont à l'hôpital en bus, toi?  (rires) Elle m'a répondu "Ah non, non." (rires).

J'ai expliqué que l'on ne fait jamais grève pour le plaisir. Ce que l'on critique chez les grévistes, c'est qu'ils prennent en otages les usagers. Les usagers des transports en commun qui sont effectivement les personnes les plus fragiles. Les enfants qui vont à l'école ... Ceux qui disent ça, prennent eux-mêmes en otages les enfants dans leurs discours politiques. Donc quelque part, les enfants vont toujours être utilisés pour être pris en otages, d'une façon comme de l'autre. Et ça, on doit le dénoncer. Et enfin, il faut faire la part des choses. Un enfant qui patiente une heure pour son bus, c'est qu'il y a déjà un problème au niveau du lien social parce que les institutrices, l'école, un voisin, n'importe qui peut penser à venir chercher les enfants ce jour-là. En comprenant qu'une grève est une grève, tout le monde peut s'organiser. Mais un enfant qui attend une heure son bus c'est quand même moins grave que le gosse dont le père a perdu son emploi. Lui, il risque de devoir attendre longtemps pour une jeunesse normale.

Et que penses-tu de la situation des sans-papiers?

CR : A partir du moment où on a des sans-papiers qui arrivent sur le sol de la Belgique, on n'a pas d'autres choix que de les accueillir, parce que toute notre politique doit être basée sur l'humanisme, sur la solidarité. Donc il faut les régulariser. Il faut se rendre compte que nous sommes en grande partie responsables de leur misère; s'ils sont arrivés ici, c'est pas pour le plaisir de quitter leurs pays. Pays qui est bien souvent plus beau que le nôtre, entre parenthèses. Nous devons réparer les dégâts causés, 1) en commençant par les accueillir. C'est urgent, on ne peut pas les laisser mourir, parce qu'on parle bien de vie et de mort dans cette affaire. Et 2), simultanément, on doit penser à la manière de gérer la solidarité Nord-Sud. Ensuite comment empêcher ces exodes massifs du Sud vers le Nord ? En rééquilibrant les rapports Nord-Sud. Il y a des tas de propositions pour cela. C'est indispensable et c'est aussi urgent. Sinon on va continuer d'être responsables. La situation est complexe. Il faut essayer d'avoir la vision la plus claire possible. Commençons d'abord par ça, par clarifier cette situation complexe.

C'est quoi la solidarité? Pourquoi c'est si compliqué? Pourquoi une telle perte de valeurs ? Pourquoi tout le monde se sent mal ? Parce que justement on ne sait plus ce qui est juste, ce qui ne l'est pas. On doit essayer de ré-expliquer honnêtement ce que signifie justement la solidarité et la justice, vraiment ré-expliquer le sens profond des valeurs, et surtout pas les laisser se faire voler, les laisser se faire séquestrer par la politique de droite. En France il y a plein de gens qui ont été séduits par le discourt de Sarkozy dans la mesure où il donnait l'impression que la France avait droit à plus de justice. Les gens ont soif de justice, mais encore faut-il savoir de quelle justice on parle. Je veux dire que la droite, en séquestrant ces valeurs, au bout du compte, n'en a strictement rien à faire. Elle les a séquestrées pour son profit personnel. Il faut tout le temps essayer de distinguer, dans les discours, qui dit les choses par honnêteté? Qui les dit pour des intérêts cachés?

Et par rapport à l'entrée de la Turquie dans l' Europe? Là aussi tu étais à contre courant dans cette fameuse émission de Mise au point.

CR : Je suis pour l'ouverture de l'Europe à la Turquie, encore une fois par souci d'humanité, de progrès, de  la démocratie, du progrès de la liberté...du progrès des droits humains, par souci d'humanité.  Parce qu'il y a des Turcs qui se battent depuis tellement longtemps pour espérer acquérir enfin de vrais droits vers plus de liberté. Exemple Bahar Kimyongür. Nous les Européens, la moindre des choses, c'est de montrer que nous sommes là aussi pour soutenir la lutte des autres pour ces mêmes droits, même s'ils ne sont pas encore dans l'Europe.

Autant la question sociale fut à l'ordre du jour dès le début de l'ère industrielle, autant le bouleversement climatique sera pour ce 21ème siècle la question fondamentale pour la survie du système économique, et donc capitaliste, mais surtout de l'humanité. C'est sur cette urgence que tu as choisi de t'investir  comme candidate d'ouverture chez Ecolo?

CR : Autant la solidarité entre humains reste importante  - c'est une question de survie  du groupe humain -, autant il dépend de l'environnement. Donc à la solidarité entre humains, doit s'ajouter une nouvelle solidarité,  une solidarité avec l'environnement. La nature a toujours été solidaire de nous. Sans elle, on n'existe pas, tout simplement. On lui rend bien mal. Et je pense que si on veut subsister en tant qu'humains, tout simplement, on ne peut pas faire l'impasse sur les défis climatiques, sur les enjeux environnementaux. On est viscéralement liés à la nature. On dépend d'elle. Maintenant on peut aussi dire qu'elle dépend de nous. C'est  carrément l'existence de la vie sur terre qui est remise en question, ici. Il y a une des valeurs sur lesquelles on doit s'appuyer sans cesse en tant qu'être humain, c'est celles du respect. Du respect des uns envers les autres, mais également du respect de notre environnement.

On va vers des conflits, ne serait-ce que pour s'accaparer l'eau de plus en plus rare dans certaines régions du monde. Un milliard de personnes risquent de devoir se déplacer. Mais chez nous la problématique du réchauffement climatique ne risque-t-elle pas d'être utilisée pour s'attaquer aux acquis sociaux?

CR : A long terme, c'est mortifère. Persister dans la logique néo-libérale et faire semblant de s'occuper d'environnement, d'avoir une préoccupation environnementale est tout a fait inconciliable. Si les gens ne comprennent pas qu'il faut les deux : "Gauche et Vert". Effectivement, dans un premier temps, les gens du Sud vont subir les effets du réchauffement climatique, ce qui est déjà le cas en grande partie, puis ici également.  Ce sont les populations les plus pauvres qui vont en subir les effets les premiers. Dans un deuxième temps tout le monde sera touché, y compris les gens qui auront essayé d'engranger un maximum de profits toujours à leur avantage. La nature ne leur pardonnera pas non plus; s'ils l'ont oublié, ils en font partie aussi. Leur argent, leur profit ne vaudra strictement  plus rien par rapport au manque de ressources. L'eau potable, ils vont l'amener uniquement pour eux? En Angleterre, la classe moyenne, qui équivaut à la grosse bourgeoisie ici, est bien plus développée que nous en matière d'énergie renouvelable. Des tas de gens ont déjà dans leur jardin des éoliennes privées. Ici, s'équiper en énergie renouvelable individuellement est très onéreux, même s'il y a des primes, cela reste inaccessible à beaucoup de personnes.

C'est comme  les citoyens que l'on va culpabiliser sur leur responsabilité quant au réchauffement climatique alors que dans le même temps  on  subventionne  le grand prix de Francorchamps (et là derrière  une grosse fortune)  en omettant le gaspillage énergétique et  la pollution !!?

CR : Ecolo a été très courageux au départ. Mais maintenant plus personne n'en parle. On a dit :" Ecolo est stupide,  ils n'ont rien compris, ils sont à côté de la plaque, ils sont dangereux. Mais non ils ne sont pas dangereux; ils n'ont pas dit qu'il fallait réduire les investissements économiques et laisser la Wallonie à l'abandon au nom de l'environnement ou de la protection de l'environnement, mais c'était plutôt: réinvestissons autrement. Un circuit automobile?  Qui a besoin à tout prix d'un circuit automobile? En quoi est-ce si important que cela? N'y a t'il pas des choses tellement plus prioritaires que le maintien d'un circuit automobile, dont on venait dire que ça faisait vivre toute une région. Il ne faut pas supprimer les loisirs mais il faut  un moment donné calculer une bonne fois pour toutes le coût à la collectivité.

Par rapport au  rachat des droits de gaz à effet de serre?

CR: C'est un scandale. C'est se donner la bonne conscience pour le droit de polluer. Ca ne règle absolument pas le problème. Ca doit se régler dans la réalité. La diminution de CO2 partout, c'est pas pour faire semblant. En rachetant des quotas de  droit de polluer à gauche et à droite, on va rien diminuer comme ça. On va pouvoir polluer autant, tout en obligeant les autres à polluer moins. Ca n'a aucun sens. Ca ne règle le problème que virtuellement. La nature ne va pas écouter les principes économiques des néo-libéraux. Elle fera ce qu'elle veut. 

Quelle est la question que l'on ne ta jamais posée  ou quelle est la réflexion que tu souhaites exprimer?

CR: Il y a 10 ans, au moment de la Marche Blanche, j'ai dit qu'il fallait cesser d'être raisonnable. Maintenant, je voudrais bien revenir sur ce que j'ai voulu dire par là. Ce qui est raisonnable, c'est ce que l'on essaye de nous faire croire, comme par exemple : "pensez aux chiffres, au budget, etc." . Il faut redevenir  raisonnable, mais en utilisant réellement ce terme à sa juste valeur. Etre raisonnable à l'heure actuelle, c'est le contraire de ce que l'on dit être raisonnable. Aujourd’hui, ce qu'on estime raisonnable est utopique : "c'est la raison, c'est la seule raison possible..." Je trouve qu'il y a déjà assez de brouillage, de chaos pour le moment dans le monde. Que beaucoup de personnes se posent la question:  Où va t'on? Qu'est-ce que cela nous démontre? Que ce que l'on nous dit être raisonnable en fait, c'est de la folie. Cessons de continuer dans cette folie là. Redevenir raisonnable, c'est la vraie raison, c'est la raison humaine.

Le fossé entre le citoyen et la politique s'élargit encore. Comment les réconcilier ?

CR: Les gens quand ils parlent de leur quotidien, ils sont très politiques, mais  ils ne se rendent pas compte que c'est de la politique. La politique maintenant, c'est uniquement la politique politicienne, le budget, la croissance, des choses  dont on ne sait pas forcément maîtriser si on n'a pas fait de longues études en politique ou en économie. Tout le monde croit que c'est ça la politique. Pour moi la politique c'est lié directement à la vie tout simplement et notamment la vie quotidienne des gens. Que disent-ils? Quand on écoute bien, les gens, ils en font tout le temps de la politique, mais ils ne s'en rendent  pas compte.

On leur dit, c'est pas ça la politique, on leur dit la politique, c'est le pouvoir et la gestion. C'est pas que ça la politique. C'est aussi ce que chacun chez soi peut remarquer qui ne va pas très bien. Exemple, lorsque quelque chose ne va pas très bien dans le quotidien d'un couple, c'est souvent lié à quelque chose qui ne va pas non plus, dans la gestion politique, mais les gens ne font pas le lien.

Quand les gens disent qu'ils en ont marre, qu'ils ne veulent plus travailler, qu'ils sont de plus en plus fatigués, qu'ils ne se sentent plus assez performants, qu'ils vieillissent, ou qu'ils ont l'impression qu'ils ne sont plus assez compétitifs comme on leur demande de l'être. Ce n'est pas eux qui sont en cause, c'est le système. S'ils cherchent à comprendre : "Pourquoi je suis stressé? Pourquoi mon patron est stressé? Pourquoi celui-ci est tenu par des contraintes économiques, sinon on va se retrouver au chômage?

Donc les gens vivent dans la peur de l'insécurité tout le temps par rapport à ce diktat économique, et puis on se demande pourquoi ils ne sont plus bien!!? Quand ils n'arrivent déjà plus à faire la part des choses par rapport à ça, il ne faut surtout pas qu'ils se culpabilisent.

Si on se plaint, c'est déjà pas mal. Mais c'est qu'il y a des raisons. Il faut d'abord être écouté. Il ne faut pas tout le temp se plaindre non plus; il faut aussi réfléchir aux vraies causes de la situation. Par exemple dans un couple, où chacun travaille et rentre en fin de journée fatigué,  surgit des disputes pour un oui ou  pour un non. Pour chacun, c'est la faute de l'autre. Ca va même jusqu'au divorce. On reporte la tension sur l'autre, le plus proche, et finalement, c'est le couple qui explose; on a trouvé  le coupable chez le plus proche. C'est le même phénomène que le vote rejet, le vote extrême droite. C'est l'étranger  le coupable, le bouc émissaire.... Alors que s'ils arrêtent un peu et se posent les questions du genre :  qu'est-ce qui ne va pas au niveau  du boulot ? A partir de là, ils peuvent déjà commencer à comprendre ensemble que c'est pas eux qui sont fautifs. Même si les motifs  semblent importants, les disputes ne sont jamais que des conséquences.

La violence que l'on attribue aux jeunes, c'est lié aussi à notre choix de société?

CR : La  violence chez les  jeunes, la délinquance, la perte de repère, le décrochage scolaire, etc., c'est lié au système sur lequel on continue de fonctionner. C'est le système dans lequel on essaye d'inscrire les jeunes qui pose problème. S'ils sombrent dans la délinquance et la violence,  il faut chercher les causes profondes de l'intérieur du système et pas directement en les stigmatisant. En plus, on divise une fois encore, les groupes de la société. Les personnes plus âgées disent : " les jeunes n'ont plus de respect !". Il faut essayer de comprendre dans quel monde vivent ces jeunes. Beaucoup n'ont pas eu les mêmes chances ou la même qualité de vie. Je peux comprendre que la violence des jeunes devient difficile à supporter, mais encore une fois, on en est responsable. Et comme on n'arrive plus à gérer, on veut sanctionner, mettre en prison, etc. Pour finir, on va mettre tout le monde en prison sauf ceux qui devraient vraiment y être et ainsi on ne va plus investir dans l'enseignement. C'est ça la solution?  Tous ceux qui gênent, qui ne seront pas toujours obéissants à la même loi du marché unique, on va les mettre en prison. C'est normal qu'ils réagissent  parfois par la violence, comme ils sont plus impulsifs, surtout que maintenant, on peut être beaucoup plus découragé et nihiliste que aucune jeunesse ne l'a jamais été jusque maintenant. Il y a de bonnes raisons.

En France, avec le CPE (contrat première embauche), j'ai entendu beaucoup de personnes dire: "mais qu'est-ce qu'ils veulent ces jeunes? Ils n'ont  pas de plomb dans la cervelle. Qu'est-ce qu'ils font?  Ils n'ont rien dans la tête et  préfèrent traîner dans la rue..". C'était déjà vu comme une incivilité. Non, les jeunes, ils attendent que l'on tienne un peu compte d'eux. Ils sont quantité négligeable sauf quand il faut aller voter. Pour ça, ils sont bon....On ne les respecte  pas et puis on leur demande leur part de respect. Le respect  c'est dans les deux sens. On ne peut pas  ne pas écouter quelqu'un et être méprisant avec lui et en attendre du respect, c'est pas possible, c'est injuste. C'est profondément injuste. 


(entretien réalisé par Freddy Dewille)

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 12:38

Dans la nuit du samedi 26 mai, des individus se sont déchaînés sur la vitrine d'un centre culturel de Liège, qui affichait des photos de Sans papier et du centre fermé de Vottem.

Ils ont brisé la grande vitre et ils  ont laissé un mot sur lequel ils ont dessiné en rouge la croix gammée et le message suivant :

 " Les noirs retour dans les bananes. RDV au café ... (un café à Liège)"




La montée de l'extrême droite est depuis longtemps une de mes préoccupations. Voici un texte que j'ai écrit, en 1999 :

L’extrême droite est à nos portes ! Au secours ! A l’aide ! La vague noire arrive ! Il faut lutter !

Il faut crier

Il faut la contrer ,la battre, la dénoncer, lui faire barrage, la refuser, là saboter,,l’interdire, la condamner, la démonter, la déshabiller, l’abattre, la détruire, la miner, la démolir, la saper, la rejeter ,la contester, la contredire , la renverser , l’accuser , la désigner , la dévoiler , la démasquer , la contrecarrer ,  s’y opposer ,l’évacuer , la stigmatiser , la réprouver , la refouler , s’en débarrasser , l’endiguer , l’évincer , la bannir ,ne pas  laisser passer.

 

D’accord ! D’accord ! On est tous d’accord : il faut réagir !

Mais au fait pourquoi maintenant, pourquoi tout  à coup ? L’extrême droite ne serait donc vraiment dangereuse qu’en période électorale ?  Et si on se calmait  un peu, juste une minute pour réfléchir, prendre un peu de recul quoi………Respirer. Inspirer. Expirer. Souffler. Lentement……Calmement….

 

Bon ! Où en est ? Ah oui : l’extrême droite est à nos portes. Avec tous ses slogans clinquants annonciateurs  du pire. Voilà les faits. Tout est  à craindre pour les élections qui viennent.

Car  l’extrême droite fait feu de tout bois. Elle se nourrit  de toutes les frustrations , toutes les déceptions , tous les découragements ,toutes les colères interdites , toutes  les lâchetés , toutes les renonciations , tous les sentiments de vengeance ou  de haine , mais aussi toutes les misères , tous les désespoirs ,toutes les rages et toutes les impuissances. Bref   on ne vote extrême droite que si l’on n’est pas heureux .Ou extrêmement mal informé.

 

Serions nous si nombreux à être malheureux où sous-informés pour que le spectre d’une extrême droite montante ait pris des proportions si inquiétantes ? Sans doute. Mais est t’on malheureux sans raison, mal informé par ce qu’on le veut bien ? Parfois oui, mais le plus souvent non.

 

De toute façon, le fascisme n’est pas né d’hier ! Il ne nous quitte jamais vraiment. Il attend toujours son moment tapi dans l’ombre, pour revenir un jour ou l’autre. Alors la vigilance est de mise à tout instant, de tout temps et sous toute latitude me semble-t-il. Et ce qui est vraiment difficile pour le combattre, ce n’est de coller des affiches ou d’écrire tout le mal qu’on en pense. Ce qui est vraiment difficile , c’est de ne jamais lui laisser la moindre place dans notre vie, le moindre moment propice pour revenir nous narguer .Ce qui est vraiment difficile, c’est de lui résister  à tout moment, en lui gardant sa porte d’entrée bien fermée, c’est de le traquer partout où il pointe son nez , c’est aussi de pouvoir très vite le reconnaître là il est prévisible qu’il soit , parfois aussi de le démasquer là où l’on ne s’y attendait pas.

 

Dans ma vie, comme  dans tant d’autre vie, il n’y a pas eu que du bonheur. Loin de là. Le chômage, je connais. Les pertes de revenu, les fins de mois difficiles je connais. Le mépris, la violence et l’insécurité jusqu’à la pire des criminalités je connais. J’en reste même irrémédiablement  marquée. La peur de l’avenir, la colère intérieure, la vengeance, ce sont aussi des sentiments que je connais. Comme tant d’autre, j’ai éprouvé tout çà. Et peut être n’est ce pas terminé. Pourtant le fascisme et ses germes de mort n’ont aucune prise sur moi,  parce que je ne les ai jamais toléré nulle part. Ni chez les autres, ni chez moi. Je ne le supporte tout simplement pas. C’est quasi physique. Comme certains sont allergiques à certaines substances, je suis allergique à ses germes de mort. Je  connais trop bien le prix de la vie pour que me soit ôtée à jamais la moindre inclination à flirter avec la mort.

Or, prendre le fascisme  à la légère, c’est, à mon sens, jouer avec la vie et la mort.

Quand on tient vraiment à la vie, à celle des siens comme à celle des autres, on s’en protège scrupuleusement. Quand on tient à sa propre dignité humaine, on ne la diminue pas soi-même en niant celle des autres. Et quand on a le sentiment que plus rien ne va, surtout quand on en arrive à ce sentiment, alors on redouble d’attention. Car c’est à ce moment précis que l’on devient sa proie fragile et  qu’en une seconde –peut-être juste la seconde  qu’il faut pour noircir une case  dans un isoloir – on peut basculer. On croit contester et on se suicide. On croit donner une leçon et on  prépare stupidement  sa propre fin.

Il n’existe, selon moi, qu’une seule manière d’éviter l’extrême droite, c’est de ne  jamais en  être, de ne jamais la justifier, ne jamais la croire, ne jamais la tolérer, ne jamais lui laisser le moindre bénéfice du doute.

Car comment pourrait-on douter encore ? N’a-t-elle pas suffisamment étalé ses crimes dans l’histoire, n’a –t’elle pas  fait ses preuves de génocidaire invétérée, n’est elle pas la plus évidente récidiviste en matière de crimes ?

Je regrette profondément que ces graves questions ne puissent être posées si tard.

Pourquoi l’avoir  laissée se nourrir de misère et de désespoir humain si longtemps avant de la contrôler ouvertement ?

Le plus simple  moyen pour l’empêcher d’être, n’est ce pas de ne pas la nourrir ?

Aujourd’hui, c’est clair, il reste des rancœurs, des colères et des peurs, d’énormes peurs  qui ne sont pas apaisées.

Bon, ben…..On va en faire quoi maintenant ?  That’s the question. On peut en faire un beau combat collectif de dernière minute  contre l’extrême droite bien sûr. C’est déjà ça, c’est au moins ça. Mais c’est loin d’être suffisant.

A quand un beau  combat collectif pour plus de justice sociale (c'est-à-dire pour plus de justice tout court) mais aussi  pour plus de solidarité, plus de perspectives humaines d’avenir, plus d’espoir quoi ?    (quotidien "Le Matin" du 7 juin 1999)

 

Cette nuit de vendredi à samedi, divers lieux de Liège  étaient ouverts pour la « Nuit blanche contre listes noires »,  pour réfléchir ensemble sur la manière de faire face à ce resurgissement   du fascisme et aux réponses à apporter au quotidien. Les photos sont sur 

http://www.nuitblanchecontrelistenoire.be/

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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 22:19
Carine Russo a répondu à l'appel d'ECOLO et sollicite le suffrage des électeurs. Elle occupe, en qualité de candidate d'ouverture, la quatorzième place sur la liste déposée pour le Sénat. 
Nous connaissons Carine pour ses qualités de coeur et son engagement citoyen dans la défense des plus faibles, en priorité les enfants, mais aussi tous les laissés-pour-compte des politiques brutales inspirées par l'idéologie néo-libérale. Nous savons qu'elle s'impliquera activement sur le terrain de la justice et de la démocratie, ainsi que sur des questions sociales essentielles, dans une optique de gauche dénuée de toute ambiguité. 
C'est pourquoi nous créons un comité visant à la soutenir dans cette campagne électorale. 
Ce comité est ouvert à tous ceux et toutes celles qui veulent changer la société pour redonner la priorité à la dignité humaine. 
Signataires : Gino Russo, Sam Touzani, Jean-Marie Dermagne, Gaston Schoonbroodt, Fernand Fyon, Bernard Francq, Claude Semal, Jean-Maurice Arnould, Anne-Marie Roviello, Evelyne Docq, Henri Deleersnijder, Dahina Leguennam, Fabrice Dermine, Jeannine Clara, Gilbert Leclercq, Jeannine Ronsse, Jan De Meijer, Francesco De Angelis, Marie-Claire Depreter, Remy Champenois, Jean-Pierre Dachelet, Hody Frank, Jeannine Tips, Jean-Pierre Gretry, Luc Gouppy, Michel Neufcoeur, Martine Arnould, Gérard Fortemps, Yvan Lenaers, Albert Ponasi, Monique Brognon, Véronique Soblet, Patricia Van der Smissen, Michel Antaki,  Geneviève Beaumont, Fabienne Verlaine, Martina Pichler, Michel Collet, Cécile Culot, Suzanne Boutefeu, Alain Duriau, Eva Bostem, Maria Mazzael, Irène Sersté, Coralie Hody, Marie-Claire Hannecart, Annick Vandormael, Pierre Giontarelli, Michèle Jacques, Sidonie Mortier, Michel Hodée, Thérèse Quaglia, Miguel Angel Estrella, Freddy Dewille, Alain Van Praet.
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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 16:41

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....nous sommes des révolutionnaires sages

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Published by gb - dans campagne
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4 juin 2007 1 04 /06 /juin /2007 15:43

Dans son édition du 28 avril 2003, le magazine TIME a salué 36 individus dont le courage, la conduite et la générosité inspirent - et changent - le monde : Carine Russo était une de ces 36 personnes

 

"image 228 x 302 - 10.2 ko Après la découverte, en 1996, des corps violentés des petites Julie et Mélissa (8 ans), dans l’arrière-cour du pédophile présumé Marc Dutroux, des sympathisants déposèrent des fleurs et des écriteaux devant les maisons des victimes. L’un mentionnait : MORT A DUTROUX, et la maman de Mélissa demanda à son porteur de s’en aller. « Nous n’avons jamais pensé que le meurtre de notre fille devait conduire à plus de haine », dit Carine Russo. « Il devait servir à améliorer la vie d’autres personnes. »
.... En partie grâce aux efforts des Russo, de nouvelles lois font à présent des disparitions d’enfants une priorité policière."

 « Pour nous, la justice c’est la vérité », dit-elle. « Si nous comprenons ce qui s’est passé, nous pouvons nous assurer que cela n’arrive plus jamais. » 

Mme Russo refuse d’abandonner sa quête de justice. « Nous sommes dans un train », dit-elle. « Nous ne savons pas où il va, mais nous ne descendrons pas avant la fin. »

http://www.time.com/time/europe/hero/russo.html

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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 14:14

La diversité des personnalités qui émerge tout au long de ces dix années va inévitablement créer des situations tantôt de complémentarité, tantôt de paradoxe, tantôt de conflit même. Sans mettre sur un piédestal les parents Russo, force est de conclure, pour moi, qu’ils ont été la cheville ouvrière du mouvement qui a secoué, certes avec leur entourage, tout ce monde politique et judiciaire.

Si on retirait ce couple, de gauche anomique, de ce conflit avec les institutions, ce problème de société n’aurait jamais eu un tel écho. Personnellement, je pense que Carine Russo fut la plus politique, la plus revendicative, la plus impliquée. C’est aussi la personne qui a la meilleure connaissance du dossier.

Pourquoi lors de son entretien avec le journaliste Rydberg, elle dira entre autres que c’est très important de tirer à gauche?. Si on s’intéresse comme j’ai pu en prendre connaissance aux origines familiales de Carine Russo, on peut légitimement penser qu’elle a été très fortement influencée par le passé de résistants de ses parents. De plus, sa maman ayant été dans la résistance communiste, elle exprime un grand attachement à une vision de société où le roi argent n’est pas dominant. Son frère Michel Collet semble du reste partager les mêmes valeurs.

Le cocktail entre Gino Russo (dont la maman était secrétaire de la section communiste dans son village en Sicile) et Carine Collet était donc certainement explosif, et son détonateur fut allumé avec la disparition de leur fille. Il ne leur a fallu que quelques jours pour faire le constat du fonctionnement défaillant de l’appareil d’Etat, refuser la fatalité, et secouer l’Etat.

Etaient-ils guidés par le sentiment d’une justice de classe lorsqu’ils remuaient ciel et terre pour se faire entendre tout en gardant leur statut de parents ? Y ont-ils perçus une opportunité, tragique pour eux, de faire évoluer les choses et de favoriser la prise de conscience, par les citoyens, de la nécessité de reprendre leur destin en mains, plutôt que de tout laisser décider à leur place par la bureaucratie 

"Le lundi 14 octobre 96, la cour de cassation rend son verdict et c’est le dessaisissement officiel du juge d’instruction Connerotte. Cet événement va produire une ambiance pré-révolutionnaire. Comme Nabela Benaïssa, Paul Marchal appelle la foule au calme et à la dignité.

Il n’empêche, ce jugement va déclencher la colère populaire et jusqu’au 20 octobre, on va vivre les mouvements sociaux et citoyens les plus intenses de l’après guerre,  près d’un million de personnes ( en chiffres cumulés) dans les rues en une semaine, ça avait de quoi faire trembler les institutions !. On y verra même des Palais de Justice arrosés par les sapeurs pompiers,  le pays est chauffé à blanc.

Plus de 500 actions vont être enregistrées rien que pour cette semaine là. Dès l’annonce à la radio du dessaisissement du petit juge, les travailleurs de plusieurs entreprises se croisent les bras. Certains vont même plus loin, comme ceux de l’usine de montage VW à Forest, pour se diriger vers le Palais de justice. Pour Claude Dufrasne, l’un de leurs délégués FGTB, c’était pour montrer leur soutien aux parents, mais aussi leur ras-le-bol face à ce qu’ils considéraient comme une injustice : " … ce n’est pas une goutte, c’est un seau d’eau qui a fait déborder le vase " (" La crise blanche " Alain Tondeur.).

Carine Russo, dans le livre de Laurie Boussaguet,  fera savoir que pour elle c’était avant tout des humains unis. C’était bien mieux qu’un sentiment d’unité belge dira encore Gino. Et pour le frère de Carine, Michel Collet, les citoyens étaient venus, non pas avec un drapeau belge, mais :" …avec un drapeau blanc " ("La Marche Blanche" p.134).

Des ponts vont être lancés vers d’autres luttes sociales.

Plus de 70.000 personnes seront présentes également pour la marche multicolore de Clabecq du 02 février 97. Marche qui était à l’instigation des travailleurs de l’entreprise sidérurgique locale en très grande difficulté à cette époque. Beaucoup de personnes ayant été à " La Marche Blanche " vont décider de s’y rendre lorsqu’ils apprendront que plusieurs parents de victimes de Dutroux y seront présents.

Le dessaisissement du Juge d’instruction à moins d’une semaine de la Marche blanche sera une gifle pour les parents, mais il donnera un extraordinaire coup de fouet supplémentaire à la mobilisation citoyenne. Leur volonté de s’en tenir simplement à leur statut de parents, le fait de parler vrai, de produire un discours à la portée de tous, mais aussi la sincérité de leur douleur ," leur amour pour leurs enfants aurait arraché des larmes aux cailloux, leur foi dans l’humanité souleva l’espoir de la société assoupie " ("  La crise Blanche " Alain Tondeur p 97 ), seront les facteurs déterminant du succès de cette Marche Blanche.

Lorsque les discours de l’extrême droite rencontrent un certain écho, de type sécuritaire (retour à la peine de mort chez certains agités peu représentatifs, mais bruyants, peines incompressibles de la pétition de l’ASBL " Marc et Corinne " en cas de crimes contre les enfants…), plusieurs intellectuels vont réagir et dénoncer le fascisme ambiant.

Mais les parents de victimes et leur entourage vont renverser cette tendance sécuritaire. Ils vont reprendre la direction du mouvement social à l’ASBL " Marc et Corinne " et vont transformer la demande de " plus d’Etat " de cette ASBL en critique contre l’Etat. En remettant à l’avant-scène les dysfonctionnements de la magistrature et des différents corps de police de l’époque et en mettant " le libéralisme au banc des accusés " (idem), les parents vont réussir à canaliser cette énergie, cette solidarité, au profit d’une bataille politique dont la Marche blanche sera un premier signal fort.

Comme le fait remarquer Benoît Rihoux, politologue à l’UCL : "  la production idéologique venait pas mal des Russo, qui sont plutôt de gauche non classique " ("La Marche Blanche").

Les Russo soutiennent la liste Ecolo, sans pour autant y adhérer. Force est pourtant de constater que sans être officiellement impliqués, les Russo seront les plus " politiques " et marqués à gauche : " porter à gauche, c’est important " (Carine Russo : " La raison d’Etat "). Mais leur positionnement est celui d’une gauche anomique. Lors d’un entretien avec Erik Rydberg, en 1998, ils fustigent l’anti-politisme : ce serait la pire des choses, que les gens n’aillent pas voter " (idem). Si l’on reprend et consulte les trimestriels " N’oubliez pas " édités par l’ASBL " Julie et Mélissa ", ou le site de cette association, principalement dirigés par Carine et Gino Russo, on peut constater le caractère très politique de leur contenu. Bien des articles ou la promotion de spectacles, de films et de livres, ne sont pas liés directement au drame qu’ils
ont vécu. Par ce biais comme par les contacts qu’ils ont avec les nombreux sympathisants qui passent jour après jour à la permanence de l’ASBL, les Russo conscientisent des tas de gens non seulement aux problèmes de droits des victimes et des enfants et de lutte contre la pédocriminalité, mais aussi aux autres problèmes de la société.

Carine Russo est également membre d’une association internationale " Voix de Femmes " 

 Pour les parents de Mélissa, leur non-participation est  un acte de résistance, de non-coopération avec les institutions : à l’issue de huit années de confrontation, ils ne peuvent être qu’en désaccord avec elles. Le fait d’être présent au procès ne ferait que cautionner cette grande farce. Ce serait trahir leur fille. Ce procès, c’est pour eux une aumône : ils vont répondre qu’ils ne sont pas des mendiants. Carine Russo ne voit qu’un avantage à ce que procès ait lieu : " c’est qu’ils vont enfin arrêter de faire semblant de chercher "

( http://www.juliemelissa.be/spip/article.php3?id_article=272)  

Beaucoup de choses sont encore à relever et je pourrais encore écrire des pages et des pages de constatations et de remarques, à propos, par exemple, du combat que Carine et Gino Russo, notamment, ont dû mener contre toutes les formes de récupération y compris d’extrême droite…"  Freddy Dewille

http://freddydewille.skynetblogs.be/archive-day/20070101

 

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