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CARINE RUSSO
Sénatrice cooptée
Ecolo
MON PARI? LA FRANCHISE
Je n'ai rien à promettre si ce n'est de ne pas changer
Rien à promettre si ce n'est de ne pas trahir
Rien à promettre si ce n'est d'essayer, risquer, jouer le tout pour le tout en VERT et contre tout pour l'avenir de vos enfants
Un monde + juste, pour une terre + verte
pour me contacter : pourmemoire@yahoo.fr
Dans la nuit du samedi 26 mai, des individus se sont déchaînés sur la vitrine d'un centre culturel de Liège, qui affichait des photos de Sans papier et du centre fermé de Vottem.
Ils ont brisé la grande vitre et ils ont laissé un mot sur lequel ils ont dessiné en rouge la croix gammée et le message suivant :
" Les noirs retour dans les bananes. RDV au café ... (un café à Liège)"
La montée de l'extrême droite est depuis longtemps une de mes préoccupations. Voici un texte que j'ai écrit, en 1999 :
L’extrême droite est à nos portes ! Au secours ! A l’aide ! La vague noire arrive ! Il faut lutter !
Il faut crier
Il faut la contrer ,la battre, la dénoncer, lui faire barrage, la refuser, là saboter,,l’interdire, la condamner, la démonter, la déshabiller, l’abattre, la détruire, la miner, la démolir, la saper, la rejeter ,la contester, la contredire , la renverser , l’accuser , la désigner , la dévoiler , la démasquer , la contrecarrer , s’y opposer ,l’évacuer , la stigmatiser , la réprouver , la refouler , s’en débarrasser , l’endiguer , l’évincer , la bannir ,ne pas laisser passer.
D’accord ! D’accord ! On est tous d’accord : il faut réagir !
Mais au fait pourquoi maintenant, pourquoi tout à coup ? L’extrême droite ne serait donc vraiment dangereuse qu’en période électorale ? Et si on se calmait un peu, juste une minute pour réfléchir, prendre un peu de recul quoi………Respirer. Inspirer. Expirer. Souffler. Lentement……Calmement….
Bon ! Où en est ? Ah oui : l’extrême droite est à nos portes. Avec tous ses slogans clinquants annonciateurs du pire. Voilà les faits. Tout est à craindre pour les élections qui viennent.
Car l’extrême droite fait feu de tout bois. Elle se nourrit de toutes les frustrations , toutes les déceptions , tous les découragements ,toutes les colères interdites , toutes les lâchetés , toutes les renonciations , tous les sentiments de vengeance ou de haine , mais aussi toutes les misères , tous les désespoirs ,toutes les rages et toutes les impuissances. Bref on ne vote extrême droite que si l’on n’est pas heureux .Ou extrêmement mal informé.
Serions nous si nombreux à être malheureux où sous-informés pour que le spectre d’une extrême droite montante ait pris des proportions si inquiétantes ? Sans doute. Mais est t’on malheureux sans raison, mal informé par ce qu’on le veut bien ? Parfois oui, mais le plus souvent non.
De toute façon, le fascisme n’est pas né d’hier ! Il ne nous quitte jamais vraiment. Il attend toujours son moment tapi dans l’ombre, pour revenir un jour ou l’autre. Alors la vigilance est de mise à tout instant, de tout temps et sous toute latitude me semble-t-il. Et ce qui est vraiment difficile pour le combattre, ce n’est de coller des affiches ou d’écrire tout le mal qu’on en pense. Ce qui est vraiment difficile , c’est de ne jamais lui laisser la moindre place dans notre vie, le moindre moment propice pour revenir nous narguer .Ce qui est vraiment difficile, c’est de lui résister à tout moment, en lui gardant sa porte d’entrée bien fermée, c’est de le traquer partout où il pointe son nez , c’est aussi de pouvoir très vite le reconnaître là il est prévisible qu’il soit , parfois aussi de le démasquer là où l’on ne s’y attendait pas.
Dans ma vie, comme dans tant d’autre vie, il n’y a pas eu que du bonheur. Loin de là. Le chômage, je connais. Les pertes de revenu, les fins de mois difficiles je connais. Le mépris, la violence et l’insécurité jusqu’à la pire des criminalités je connais. J’en reste même irrémédiablement marquée. La peur de l’avenir, la colère intérieure, la vengeance, ce sont aussi des sentiments que je connais. Comme tant d’autre, j’ai éprouvé tout çà. Et peut être n’est ce pas terminé. Pourtant le fascisme et ses germes de mort n’ont aucune prise sur moi, parce que je ne les ai jamais toléré nulle part. Ni chez les autres, ni chez moi. Je ne le supporte tout simplement pas. C’est quasi physique. Comme certains sont allergiques à certaines substances, je suis allergique à ses germes de mort. Je connais trop bien le prix de la vie pour que me soit ôtée à jamais la moindre inclination à flirter avec la mort.
Or, prendre le fascisme à la légère, c’est, à mon sens, jouer avec la vie et la mort.
Quand on tient vraiment à la vie, à celle des siens comme à celle des autres, on s’en protège scrupuleusement. Quand on tient à sa propre dignité humaine, on ne la diminue pas soi-même en niant celle des autres. Et quand on a le sentiment que plus rien ne va, surtout quand on en arrive à ce sentiment, alors on redouble d’attention. Car c’est à ce moment précis que l’on devient sa proie fragile et qu’en une seconde –peut-être juste la seconde qu’il faut pour noircir une case dans un isoloir – on peut basculer. On croit contester et on se suicide. On croit donner une leçon et on prépare stupidement sa propre fin.
Il n’existe, selon moi, qu’une seule manière d’éviter l’extrême droite, c’est de ne jamais en être, de ne jamais la justifier, ne jamais la croire, ne jamais la tolérer, ne jamais lui laisser le moindre bénéfice du doute.
Car comment pourrait-on douter encore ? N’a-t-elle pas suffisamment étalé ses crimes dans l’histoire, n’a –t’elle pas fait ses preuves de génocidaire invétérée, n’est elle pas la plus évidente récidiviste en matière de crimes ?
Je regrette profondément que ces graves questions ne puissent être posées si tard.
Pourquoi l’avoir laissée se nourrir de misère et de désespoir humain si longtemps avant de la contrôler ouvertement ?
Le plus simple moyen pour l’empêcher d’être, n’est ce pas de ne pas la nourrir ?
Aujourd’hui, c’est clair, il reste des rancœurs, des colères et des peurs, d’énormes peurs qui ne sont pas apaisées.
Bon, ben…..On va en faire quoi maintenant ? That’s the question. On peut en faire un beau combat collectif de dernière minute contre l’extrême droite bien sûr. C’est déjà ça, c’est au moins ça. Mais c’est loin d’être suffisant.
A quand un beau combat collectif pour plus de justice sociale (c'est-à-dire pour plus de justice tout court) mais aussi pour plus de solidarité, plus de perspectives humaines d’avenir, plus d’espoir quoi ? (quotidien "Le Matin" du 7 juin 1999)
Cette nuit de vendredi à samedi, divers lieux de Liège étaient ouverts pour la « Nuit blanche contre listes noires », pour réfléchir ensemble sur la manière de faire face à ce resurgissement du fascisme et aux réponses à apporter au quotidien. Les photos sont sur
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